Habiter
son corps
Du mouvement à l'immobilité, du souffle à l'écoute : une pratique pour revenir au corps et développer une présence plus fine à soi et au monde qui nous entoure.
Trois manières d'entrer dans la pratique. Le rythme change ; l'attention, non.
La précision
du geste
Le socle de ma pratique. Postures tenues ou petits enchaînements parfois au sein des séances, avec la même exigence : l'alignement, le souffle, ce qui se passe à l'intérieur.
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D'une séance à l'autre, le rythme varie — postures tenues, séquences enchaînées — mais l'intention reste la même : sentir. Être immobile n'est pas être figé. Dans le Hatha, l'immobilité est choisie et consciente : elle ne supprime pas le mouvement, elle le rend perceptible — le souffle qui déplace les côtes, le poids qui se répartit, une tension qui cède. Tenir une posture, c'est se donner le temps de la sentir de l'intérieur ; l'effort y est parfois plus exigeant que dans le mouvement.
Explorer le
mouvement
Souffle et mouvement s'accompagnent : chaque transition se fait sur une respiration. C'est le principe du vinyāsa, littéralement « placer d'une façon particulière » — l'art de relier les postures plutôt que de les juxtaposer.
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Le rythme monte, le corps se réchauffe, le souffle mène le mouvement. Le Flow demande pourtant la même qualité d'attention que le Hatha, portée cette fois sur ce qui relie les postures entre elles : c'est là que le vinyāsa se joue, dans le passage plus que dans la posture. On y découvre le corps en train de se déplacer — et une fluidité qui finit par déborder du tapis, dans la manière de marcher, de se lever, de porter.
À la mesure
du jour
Un format plus court, pour les personnes malades ou en rémission d'un cancer et pour celles qui les accompagnent. Le rythme suit l'énergie disponible, sans jamais forcer.
Quel que soit le cours, on peut venir essayer une séance à tout moment de la saison — voir les créneaux.
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On y travaille avec l'énergie du jour, qui peut varier beaucoup d'une semaine à l'autre : certaines séances se font presque entièrement au sol, d'autres debout. Un temps de répit autant qu'un temps de mouvement. Ce cours est proposé dans le cadre des ateliers de l'association Les Roses de May.
Aucune souplesse requise, le seul critère : venir avec le corps, l'état d'être du jour.
Chacun·e adapte la pratique à ce qui lui est accessible.
Une même posture, autant de chemins que de corps.
L'objectif : explorer ce qui est juste pour soi, aujourd'hui.
Les supports — briques, sangles, coussins — servent à cela : si le corps n'atteint pas la posture, on rapproche la posture du corps. Ce ne sont pas des béquilles de débutant ; les pratiquants avancés s'en servent aussi. Les briques sont fournies à Aron ; ailleurs, pense à apporter les tiennes si tu le souhaites : elles ne sont pas indispensables aux cours.
La pince : sept manières de la traverser. Choisis :
la posture de référence
Le point de départ. Assis, les jambes tendues, le buste qui s'incline vers l'avant — et déjà, autant de versions que de corps présents.
genoux fléchis
Fléchir les genoux relâche l'arrière des jambes et laisse le bassin basculer. La posture retrouve son sens : c'est le dos qui s'allonge, pas les jambes qui souffrent.
couverture roulée sous les cuisses ou les genoux
Une couverture roulée sous les cuisses ou les genoux soutient ce que le corps ne peut pas encore tenir seul. On peut rester plus longtemps, donc sentir davantage.
avec une sangle
La sangle prolonge les bras : on garde la longueur du dos sans tirer sur les épaules. Utile aussi quand on est déjà souple.
les blocs intensifient l'étirement
Une brique contre les pieds donne une prise ferme : les bras tirent, le dos s'allonge davantage. Ici le support ne soulage pas, il approfondit.
posture de l'enfant
Certains jours, la posture de l'enfant dit mieux ce que la pince cherchait : se replier, laisser le dos s'arrondir, respirer dans le dos.
shavasana
Et parfois, la bonne décision est de ne pas la faire. Shavasana n'est pas un renoncement, c'est une autre manière de pratiquer.
01 · Déposer
5 – 10 minQuitter le rythme du dehors, atterrir dedans. Sentir le poids du corps sur le sol, le souffle et son chemin dans le corps. Poser une intention.
02 · Mobiliser
5 – 10 minAccueillir le mouvement en douceur et en conscience : le corps et les articulations se mettent en route.
03 · Explorer
40 – 50 minAborder les postures avec curiosité, l'attention portée sur le souffle et sur ces petits détails d'alignement qui changent tout. Adapter dès que le corps le demande.
04 · Intégrer
10 – 15 minS'allonger, se laisser guider par la musique et la voix : un temps de relaxation où le corps assimile ce qu'il vient de traverser, et où le mental se pose.
Une même séquence est répétée sur un cycle de trois semaines, abordée chaque fois par un détail différent. La première semaine on découvre, la deuxième on comprend, la troisième on habite — et la voix se fait plus rare, pour laisser toute la place au souffle.
Un héritage
Une posture n'est pas un exercice qu'on aurait inventé. Elle a été pensée, éprouvée, corrigée par des générations avant d'arriver dans une salle communale du nord Mayenne. Savoir cela ne change rien à la façon dont on tend une jambe — mais ça change ce qu'on fait là. On n'exécute pas un mouvement : on prend place dans quelque chose de beaucoup plus ancien que soi.
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Le mot yoga apparaît en Inde bien avant les postures. Les Yoga Sūtra de Patañjali, autour du IIe siècle, décrivent une discipline en huit membres où la posture — āsana — n'occupe qu'une place : celle de pouvoir s'asseoir longtemps sans souffrir. Le haṭha yoga naît plus tard, entre le XIe et le XVe siècle, chez des ascètes qui mettent au point un ensemble de techniques du corps et du souffle ; la Haṭhapradīpikā de Svātmārāma, au XVe, en rassemble l'essentiel.
Ce que nous pratiquons aujourd'hui en Occident vient d'une transmission bien plus récente : celle de Krishnamacharya (1888–1989), à Mysore, dont sont issus B.K.S. Iyengar, Pattabhi Jois et Indra Devi. Quand je dis « Iyengar », je ne désigne pas un style : je nomme un homme qui a passé sa vie à chercher comment rendre une posture accessible à un corps qui n'en voulait pas.
Ces méthodes n'ont pas voyagé seules : elles se sont transformées en route. Le yoga postural tel qu'on le pratique aujourd'hui en Occident doit autant aux gymnastiques du début du XXe siècle qu'aux traités anciens — et les enseignants indiens qui l'ont diffusé en avaient conscience. Le dire n'enlève rien à la pratique : cela évite seulement de confondre ce qui a mille ans et ce qui en a cent.
Cette lignée ne m'est pas arrivée par des livres. Elle m'est arrivée par Brian à Londres, par Sumit et Jageet à Rishikesh, par les repas en silence d'un ashram du Kerala. Des personnes, chaque fois.
Ce que je propose est une branche d'un arbre immense. Les postures ne sont qu'une part du yoga, et un cours en salle communale ne prétend pas transmettre une lignée spirituelle. Je transmets ce que j'ai reçu, dans le cadre qui est le mien, en essayant de ne jamais faire passer l'un pour l'autre.
Un regard sur le corps
Mon parcours en anatomie du yoga, fascia et interoception nourrit aujourd'hui mon regard sur le mouvement et la manière dont chacun occupe son corps.
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Les fascias sont ces membranes de tissu conjonctif qui relient muscles, os et organes en un réseau continu ; les percevoir change la pratique — on cesse de travailler un muscle isolé pour sentir des lignes entières qui traversent le corps. L'interoception, c'est la capacité à percevoir ce qui se passe à l'intérieur : le souffle, la chaleur, une tension. C'est elle que la pratique vient affiner.
« Grâce au yoga, je ne subis plus la station debout. Je sens que mon corps forme un tout. »
— une élève, questionnaire de fin d'année